Retraite des mères : 23 ou 24 meilleures années

Retraite des mères : 23 ou 24 meilleures années
L'essentiel : La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 réduit le nombre d'années retenues pour calculer la pension des mères : 24 meilleures années pour un enfant, 23 à partir de deux enfants, au lieu de 25 pour tout le monde. La mesure vise les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, mais son décret d'application n'était toujours pas publié fin juillet 2026.
24 anspour une mère d'un enfant
23 ansà partir de deux enfants
1er sept. 2026date d'effet visée

Ce que prévoit la mesure

La pension de base du régime général se calcule sur le salaire annuel moyen des 25 meilleures années. L'article 45 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 prévoit de réduire ce nombre pour les mères : 24 meilleures années si elles ont eu un enfant, 23 meilleures années à partir de deux enfants. Les femmes sans enfant restent à 25 ans.

Le mécanisme est purement arithmétique et toujours favorable : en retirant une ou deux années du calcul, ce sont les années les moins bien rémunérées qui sortent, typiquement celles marquées par un congé maternité, un temps partiel ou une interruption. La moyenne monte, la pension suit. La mesure couvre les salariées du privé, mais aussi les salariées agricoles, agricultrices, artisanes, commerçantes et dirigeantes non salariées. Elle ne concerne pas les fonctionnaires, dont la pension repose sur le traitement des six derniers mois et non sur des meilleures années, comme l'explique notre guide de la retraite des fonctionnaires.

Où en est le décret, et pourquoi ça bloque

C'est le point que beaucoup d'articles passent sous silence : la loi renvoie les modalités à un décret d'application, et ce décret n'est pas paru. Annoncé pour juin 2026 après transmission des projets au conseil d'administration de la Cnav, il se faisait toujours attendre fin juillet, au point qu'une question écrite a été déposée à l'Assemblée nationale sur son absence de publication. Tant qu'il n'est pas au Journal officiel, la mesure reste inapplicable, et les caisses ne peuvent pas la liquider.

Deux points resteront à confirmer par ce texte. La date d'effet d'abord : les projets visent les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, mais certaines sources évoquaient une application dès 2026, ce qui n'est pas la même chose pour qui part en août. Les générations concernées ensuite : les projets de décret réservaient la mesure aux assurées nées à partir de 1970, ce qui exclurait les mères partant dans les toutes prochaines années. Prudence, donc, avec les simulateurs et les articles qui présentent déjà la mesure comme acquise.

Quel gain espérer, et le cas des pères

Le gouvernement estime la hausse moyenne à environ 1 % de la pension pour les femmes concernées, et considère qu'une retraitée sur deux serait gagnante. Cette moyenne cache de gros écarts. Pour une mère cadre dont le congé maternité a été payé plein salaire et dont la carrière est restée linéaire, l'année retirée ressemble aux autres : le gain est proche de zéro. Pour une mère ayant enchaîné les années à temps partiel subi ou à bas salaire, retirer les deux pires années peut représenter plusieurs dizaines d'euros par mois.

Détail souvent oublié : les pères peuvent en bénéficier, à condition d'avoir obtenu des trimestres au titre de l'éducation de l'enfant par le partage prévu entre parents, démarche à effectuer avant les quatre ans et demi de l'enfant. Cette mesure s'ajoute, sans se substituer, aux dispositifs existants détaillés dans nos guides sur la majoration pour enfants et la retraite des femmes. Elle s'articule aussi avec l'autre nouveauté de la LFSS 2026 : jusqu'à deux trimestres liés aux enfants comptent désormais pour l'accès à la carrière longue.

✏️ Notre analyse
Cette mesure est présentée un peu partout comme un acquis, alors qu'elle est juridiquement en suspens : sans décret, aucune caisse ne peut l'appliquer, et l'incertitude porte à la fois sur la date d'effet et sur les générations visées. Notre conseil : si vous êtes mère et que votre départ approche, ne calez pas votre date de départ sur cette mesure tant que le texte n'est pas publié. En revanche, vérifiez dès maintenant votre relevé de carrière année par année, car le gain dépendra entièrement de l'écart entre vos pires années et votre moyenne, une donnée que vous pouvez évaluer vous-même. Et si vous êtes père, la vraie action utile n'est pas d'attendre ce décret, mais d'avoir demandé à temps le partage des trimestres d'éducation, sans lequel vous ne serez jamais éligible.

Sources et limites

Les montants et conditions évoluent chaque année et dépendent de votre régime, de votre âge et de votre carrière. Vérifiez votre situation personnelle avant toute démarche.

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Questions fréquentes

La LFSS 2026 prévoit 24 meilleures années pour une mère d'un enfant et 23 meilleures années à partir de deux enfants, au lieu de 25. Les femmes sans enfant restent à 25 ans. La mesure vise les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, mais son décret d'application n'était pas publié fin juillet 2026.
Non, pas à fin juillet 2026. Les projets de décret ont été transmis au conseil d'administration de la Cnav et une publication était annoncée pour juin, mais le texte se fait toujours attendre. Tant qu'il n'est pas publié, la mesure reste inapplicable par les caisses de retraite.
Le gouvernement estime la hausse moyenne à environ 1 % de la pension. Le gain réel dépend de l'écart entre vos deux moins bonnes années et votre moyenne : quasi nul pour une carrière linéaire bien rémunérée, il peut atteindre plusieurs dizaines d'euros par mois pour une carrière marquée par le temps partiel ou les bas salaires.
Oui, mais uniquement s'ils ont obtenu des trimestres au titre de l'éducation de l'enfant via le partage entre parents, démarche à effectuer avant les quatre ans et demi de l'enfant. Sans ce partage, un père reste au calcul sur 25 meilleures années.
Non. La pension des fonctionnaires se calcule sur le traitement indiciaire des six derniers mois, et non sur des meilleures années : la mesure ne peut donc pas s'y appliquer en l'état. Le gouvernement a évoqué une réflexion pour transposer un avantage équivalent dans la fonction publique, sans texte à ce jour.