Le calcul : 6 derniers mois contre 25 meilleures années
La formule publique tient en une ligne : pension = traitement indiciaire brut des 6 derniers mois × 75 % × (trimestres acquis / trimestres requis). Là où un salarié du privé voit sa base calculée sur la moyenne de ses 25 meilleures années, le fonctionnaire liquide sur son dernier indice, généralement le plus élevé de sa carrière : une règle favorable aux progressions à l'ancienneté. La décote et la surcote fonctionnent comme dans le privé, avec un taux plein automatique à la limite d'âge. Les bonifications (enfants nés avant 2004, services hors d'Europe, campagnes militaires) ajoutent des trimestres gratuits qui améliorent à la fois la durée et, parfois, le pourcentage au-delà de 75 %.
| Paramètre | Fonctionnaire titulaire | Salarié du privé |
|---|---|---|
| Base de calcul | Traitement indiciaire des 6 derniers mois | Moyenne des 25 meilleures années |
| Taux maximal | 75 % (80 % avec bonifications) | 50 % (base) + points AGIRC-ARRCO |
| Primes / variables | Exclues, cotisées à la RAFP (plafond 20 %) | Incluses dans la limite du plafond |
| Complémentaire | RAFP (points, sur primes) | AGIRC-ARRCO (points, sur tout le salaire) |
| Réversion | 50 %, sans condition d'âge ni de ressources | 54 % sous plafond (base) + 60 % (compl.) |
Comparaison synthétique : notre guide fonctionnaires contre privé détaille chaque ligne, et les écarts réels de pension sont moins tranchés que les formules ne le suggèrent.
Âges de départ : sédentaires, actives, limites d'âge
La majorité des agents relèvent de la catégorie sédentaire : leur âge d'ouverture suit le droit commun, ajusté par la suspension de la réforme (de 62 ans 9 mois à 64 ans selon la génération), avec une limite d'âge de 67 ans au-delà de laquelle l'administration radie d'office, sauf reculs (enfants à charge, carrière incomplète). Les catégories actives (policiers, surveillants pénitentiaires, aides-soignants hospitaliers, contrôleurs aériens, égoutiers…) conservent des départs anticipés, sous condition d'une durée minimale de services actifs, avec des âges et limites propres à chaque corps. Les militaires obéissent à une logique à part, fondée sur la durée de services plutôt que sur l'âge. Enfin, la carrière longue s'applique aux fonctionnaires comme aux salariés.
Le talon d'Achille : les primes et la RAFP
Le point faible structurel de la retraite publique tient aux primes, qui représentent 20 à 30 % de la rémunération moyenne et davantage dans certains corps : elles n'entrent pas dans la pension principale. Seule la RAFP les fait cotiser, à 10 %, sur une assiette plafonnée à 20 % du traitement, pour des prestations aujourd'hui modestes. Conséquence pratique : le taux de remplacement réel d'un agent très primé est nettement inférieur aux 75 % affichés, et l'écart doit se combler par une épargne personnelle. Les enseignants, faiblement primés, subissent l'effet inverse : un taux de remplacement correct mais assis sur une rémunération d'activité contenue.
Invalidité, minimum garanti, réversion : les protections propres
Trois dispositifs spécifiques complètent l'édifice. La retraite pour invalidité permet la radiation d'un agent définitivement inapte à tout âge, sans décote, avec rente viagère si l'invalidité est imputable au service. Le minimum garanti relève les petites pensions selon des règles distinctes du minimum contributif du privé. Et la réversion verse 50 % au conjoint survivant sans condition d'âge ni de ressources, le filtre portant sur la durée du mariage. Un rappel de périmètre pour finir : ces règles concernent les titulaires ; les contractuels relèvent du régime général et de l'IRCANTEC, et un agent titularisé en cours de carrière cumule les deux systèmes.
Préparer son départ : les bons outils
Le réflexe central est l'ENSAP (espace numérique sécurisé de l'agent public) pour les fonctionnaires d'État, ou l'espace CNRACL pour les territoriaux et hospitaliers : compte individuel retraite, simulateur et demande de départ s'y trouvent. Vérifiez votre compte individuel plusieurs années avant l'échéance (services auxiliaires validés, bonifications, positions particulières comme le détachement ou la disponibilité), déposez la demande environ 6 mois avant la date choisie, et pensez à liquider la RAFP en parallèle. Pour les carrières mixtes public-privé, la demande unique inter-régimes sur info-retraite.fr coordonne l'ensemble, et notre guide demander sa retraite décrit le calendrier complet.
Tous nos guides fonction publique
Sources
- Service des Retraites de l'État
- CNRACL : fonction publique territoriale et hospitalière
- Service-Public.fr : retraite d'un agent public
Les règles présentées concernent les fonctionnaires titulaires et tiennent compte de la suspension de la réforme applicable au 1er septembre 2026. Chaque situation individuelle mérite vérification auprès de votre service RH et de votre caisse.