Retraite des indépendants et auto-entrepreneurs en 2026

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Réponse rapide

Ce guide donne les repères essentiels sur retraite des indépendants et auto-entrepreneurs en 2026. Pour une décision de départ, confirmez toujours les dates, montants et trimestres dans votre compte retraite officiel.

Rédaction RetraitePratique.frArticle vérifié sur sources officielles. Dernière révision : mai 2026.
Méthodologie
Retraite des indépendants et auto-entrepreneurs en 2026
L'essentiel : Les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, auto-entrepreneurs) cotisent auprès de la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI), désormais intégrée au régime général. Leurs droits à la retraite fonctionnent sur le même principe que les salariés, mais avec des spécificités importantes sur le calcul des trimestres et la pension complémentaire.
SSIRégime des indépendants depuis 2020
~45 %Taux de remplacement moyen pour un indépendant
3,7 MAuto-entrepreneurs actifs en France en 2026

Quel régime de retraite pour les indépendants ?

Depuis le 1er janvier 2020, le Régime Social des Indépendants (RSI) a été supprimé et intégré au régime général. Les travailleurs indépendants relèvent désormais de la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI), gérée par l'Assurance Maladie et l'Assurance Retraite. Comme le précise Service-Public.fr, cette intégration a standardisé les règles mais n'a pas totalement effacé les spécificités du régime.

Selon le statut, le régime de retraite varie :

StatutRetraite de baseRetraite complémentaire
Artisans, commerçantsSSI (régime général)RCI (régime complémentaire des indépendants)
Auto-entrepreneurs (commerce/service)SSI (régime général)RCI
Professions libérales réglementéesCNAVPL + section professionnelleCaisse propre (CARPIMKO, CAVP, etc.)
AvocatsCNBFCNBF
AgriculteursMSAMSA complémentaire

Comment valide-t-on des trimestres en tant qu'indépendant ?

Pour les artisans et commerçants, la validation des trimestres dépend du revenu annuel déclaré, et non du chiffre d'affaires. Le seuil pour valider un trimestre est identique à celui des salariés : 150 fois le SMIC horaire, soit environ 1 728 euros de revenu net par trimestre en 2026.

📌 Cas particulier des auto-entrepreneurs : Pour les micro-entrepreneurs, les trimestres sont calculés sur le chiffre d'affaires brut (avant abattement forfaitaire), avec des seuils spécifiques selon l'activité. En 2026, il faut environ 4 500 euros de CA par trimestre pour les activités de services, et 7 000 euros pour les activités commerciales.

Le calcul de la pension de base pour les indépendants

Depuis l'intégration au régime général, les indépendants voient leur pension de base calculée selon la même formule que les salariés :

Pension = SAM × Taux × (Trimestres validés / Trimestres de référence)

La différence principale réside dans le Salaire Annuel Moyen (SAM) : pour les indépendants, c'est la moyenne des 25 meilleures années de revenus nets déclarés (bénéfice imposable), et non de salaires bruts. Les années de faibles revenus, très fréquentes en début d'activité ou lors de crises, pèsent lourd dans ce calcul.

La retraite complémentaire des indépendants (RCI)

Les artisans et commerçants cotisent également au Régime Complémentaire des Indépendants (RCI), qui fonctionne par points, comme l'AGIRC-ARRCO des salariés. Les cotisations représentent environ 7 % du revenu net dans la limite du plafond de la Sécurité Sociale.

Le cas spécifique des auto-entrepreneurs : une retraite souvent très faible

C'est le point le plus préoccupant. Un auto-entrepreneur avec un chiffre d'affaires de 20 000 euros par an en activité de services valide 4 trimestres annuels, mais ses cotisations retraite représentent environ 1 400 euros par an (6,9 % du CA). Sur 20 ans d'activité, la pension de base générée sera de l'ordre de 400 à 600 euros par mois seulement.

CA annuel auto-entrepreneur (services)Trimestres validésPension base estimée après 20 ans
10 000 €2 à 3~200 €/mois
20 000 €4~450 €/mois
40 000 €4 (plafonnée)~700 €/mois

Les stratégies pour compenser une retraite faible

1

Ouvrir un PER (Plan d'Épargne Retraite)

C'est la priorité absolue. Les indépendants bénéficient d'un plafond de déduction très avantageux : jusqu'à 10 % du bénéfice imposable + 15 % sur la fraction entre 1 et 8 PASS. Un indépendant gagnant 40 000 euros peut déduire jusqu'à 10 000 euros par an. Voir notre guide complet sur le PER →

2

Vérifier et compléter son relevé de carrière

Le passage du RSI au SSI a généré de nombreuses erreurs d'enregistrement. Consultez régulièrement votre relevé sur info-retraite.fr et signalez toute anomalie à votre CPAM.

3

Considérer le changement de statut

Pour les indépendants à revenus stables et élevés, le passage en société (SASU, EURL avec rémunération de gérant) permet de cotiser comme un salarié, avec des droits retraite plus solides, au prix de cotisations sociales plus élevées.

4

Envisager l'immobilier locatif

Un patrimoine immobilier générant des loyers complète efficacement une retraite faible. Le statut LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) offre une fiscalité avantageuse particulièrement adaptée aux indépendants.

Rachat de trimestres pour les indépendants

Les indépendants peuvent racheter des trimestres au titre des années d'études supérieures ou des années d'activité incomplètes, dans les mêmes conditions que les salariés. Le coût est calculé sur la base du revenu déclaré les trois dernières années. Pour les indépendants ayant eu des revenus faibles en début d'activité, ce rachat peut être moins coûteux que pour un salarié bien rémunéré.

✏️ Notre analyse
La retraite des auto-entrepreneurs est le sujet tabou du débat sur l'entrepreneuriat en France. On encourage massivement la création en micro-entreprise, mais on oublie de dire qu'un auto-entrepreneur à 25 000 euros de CA pendant 30 ans percevra environ 550 euros de retraite mensuelle, contre 1 400 euros pour un salarié au même niveau de revenu net. L'écart est structurel et tient au mode de calcul des cotisations. Notre recommandation est claire : dès la première année d'activité, versez au minimum 5 % de votre chiffre d'affaires dans un PER. Ce réflexe, pris tôt, peut doubler votre revenu à la retraite.

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Questions fréquentes

Oui, mais de façon très limitée. Les cotisations retraite d'un auto-entrepreneur représentent environ 6 à 9 % du chiffre d'affaires brut. Avec un CA faible ou irrégulier, les trimestres validés peuvent être peu nombreux et la pension très basse. Il est vivement conseillé de compléter avec un PER ou une assurance-vie.
Il n'existe pas de minimum contributif spécifique aux indépendants équivalent à celui des salariés. Les indépendants peuvent bénéficier du minimum contributif du régime général s'ils remplissent les conditions de taux plein et que leur pension calculée est inférieure au seuil. Les revenus faibles génèrent mécaniquement des pensions très basses.
Le seuil de CA minimum pour valider un trimestre est significatif. En 2026, les seuils de chiffre d’affaires dépendent de l’activité et sont revalorisés régulièrement. En dessous, les trimestres ne sont pas validés, même si des cotisations sont prélevées sur le CA.
Pas toujours. Le transfert des données du RSI vers le SSI a généré de nombreuses erreurs. Il est indispensable de vérifier son relevé de carrière sur info-retraite.fr et de signaler toute anomalie à sa CPAM de rattachement, avec les justificatifs de revenus déclarés à l'époque.
En micro-entreprise, les trimestres dépendent du chiffre d'affaires déclaré, pas des heures travaillées. Sous un seuil minimal de CA, aucun trimestre n'est validé. Les seuils varient selon l'activité : vente, prestations de services ou libéral. Un CA faible peut donc ne valider aucun trimestre sur l'année.