Comment fonctionne la RCI
La RCI a succédé aux anciens régimes complémentaires des artisans et des commerçants, fusionnés puis intégrés au régime général avec la disparition du RSI. Elle couvre les travailleurs indépendants « classiques » : artisans, commerçants, industriels, ainsi que les micro-entrepreneurs de ces secteurs et les professions libérales non réglementées récentes. La cotisation s'applique en deux tranches sur le revenu professionnel : 7 % jusqu'à environ un plafond de la Sécurité sociale, 8 % au-delà, jusqu'à 4 plafonds.
Chaque euro cotisé achète des points au prix d'achat de référence de l'année (de l'ordre de 21,7 € en 2026) ; à la liquidation, le stock de points est multiplié par la valeur de service (1,347 € en 2026) pour donner la pension annuelle. Pour les micro-entrepreneurs, une fraction du forfait social est automatiquement affectée à la RCI : les points suivent donc le chiffre d'affaires, comme les trimestres de base, détaillé dans notre guide de la retraite du micro-entrepreneur.
RCI, AGIRC-ARRCO, caisses libérales : les vraies différences
Trois différences pratiques distinguent la RCI de l'AGIRC-ARRCO des salariés. Le rendement : le rapport entre valeur de service et prix d'achat du point est du même ordre de grandeur, mais les taux de cotisation plus faibles (7-8 % contre un cumul salarié-employeur bien supérieur) construisent mécaniquement moins de points à revenu égal : la complémentaire pèse donc moins dans la pension d'un indépendant. La liquidation : la RCI se liquide en même temps que la base, avec les mêmes conditions de taux plein ; une décote s'applique en cas de départ anticipé sans taux plein. La réversion : 60 % des points au conjoint survivant, sous conditions propres (âge, ressources selon les cas), à demander explicitement.
Les professions libérales réglementées ne relèvent pas de la RCI mais de leurs dix sections professionnelles (CIPAV, CARMF, CARPIMKO…), chacune avec sa propre complémentaire en points, ses classes de cotisation et sa valeur de point : notre guide des professions libérales détaille cette architecture. Un parcours mixte salarié puis indépendant cumule donc points AGIRC-ARRCO et points RCI, liquidés séparément, chacun selon ses règles.
Optimiser sa complémentaire d'indépendant
Le premier levier est déclaratif : les points RCI suivent le revenu déclaré (ou le chiffre d'affaires en micro). Les stratégies de minimisation du revenu, dividendes pour les gérants, charges gonflées, CA contenu, réduisent d'autant les points, un coût différé que notre guide de la retraite du dirigeant chiffre. Deuxième levier : la vérification annuelle. Les points RCI figurent sur le relevé de carrière en ligne ; les années de transition RSI vers régime général (2018-2020) et les anciennes cotisations artisans/commerçants d'avant 2013 sont les zones à contrôler en priorité.
Enfin, la RCI étant structurellement plus légère que la complémentaire des salariés, le complément personnel est presque toujours nécessaire : PER individuel avec le plafond de déduction majoré des indépendants, contrats Madelin anciens à transférer, voire rachat de trimestres de base si une décote menace. L'ordre des priorités reste le même que pour tout assuré : taux plein d'abord, points vérifiés ensuite, épargne en dernier étage.
La RCI est le régime le plus discret du système : intégrée au régime général, sans caisse à son nom, elle est invisible pour la plupart des indépendants qui la financent pourtant chaque mois. Cette invisibilité a un coût : personne ne vérifie ses points RCI, alors que les années de transition du RSI ont laissé des scories dans bien des relevés. Notre conseil : identifiez d'abord de quel régime complémentaire vous relevez vraiment (RCI, CIPAV, autre section libérale), c'est la question que la moitié des indépendants ne savent pas trancher. Puis traitez vos points RCI comme un salarié traite ses points AGIRC-ARRCO : contrôle annuel, bulletins et déclarations conservés, et un PER en face, car la RCI seule ne fera pas une complémentaire de cadre.
Sources et limites
- L'Assurance retraite : complémentaire des indépendants
- Service-Public.fr : retraite complémentaire des indépendants
Les montants et conditions évoluent chaque année et dépendent de votre régime, de votre âge et de votre carrière. Vérifiez votre situation personnelle avant toute démarche.