Consulter son relevé et comprendre les colonnes
Le relevé est disponible dans votre espace personnel sur agirc-arrco.fr (connexion FranceConnect) et, de façon consolidée, dans le relevé de carrière tous régimes d'info-retraite.fr. Il présente, pour chaque année : l'employeur, le salaire soumis à cotisations, et le nombre de points attribués, en distinguant les points cotisés des points gratuits (chômage, maladie).
Pour vérifier une année, la formule de contrôle est simple : les points cotisés correspondent aux cotisations contractuelles (tranche 1 et tranche 2) divisées par le prix d'achat du point de l'année (20,1877 € en 2026). Attention au taux d'appel de 127 % : vos bulletins affichent des cotisations supérieures de 27 % à celles qui achètent réellement des points, la différence finançant l'équilibre du régime sans créer de droits. Un écart de ce type est normal ; un écart au-delà ne l'est pas.
Les cinq erreurs les plus fréquentes
Certaines configurations concentrent l'essentiel des anomalies. Les employeurs multiples : chaque employeur déclare séparément, et l'oubli d'un seul (mission courte, cachet, pige) laisse un trou invisible. Les périodes de chômage indemnisé : elles donnent des points gratuits calculés sur votre salaire journalier de référence, à condition que France Travail ait transmis les informations, ce qui se vérifie ligne à ligne. Les arrêts maladie de plus de 60 jours : des points gratuits sont dus, calculés sur la base de l'année précédente, et leur report est souvent tardif.
Quatrième zone : les années antérieures à 2019. La fusion a converti les points ARRCO (inchangés) et AGIRC (convertis via une formule d'équivalence) en points uniques : pour les cadres, vérifiez la cohérence de la conversion avec vos anciens relevés AGIRC, seuls justificatifs en cas de litige. Enfin, les débuts de carrière (apprentissage, petits contrats des années 1980-1990) sont fréquemment lacunaires, et d'autant plus difficiles à corriger que les employeurs ont disparu : les bulletins de paie sont alors votre seule preuve, à conserver sans limite.
Faire corriger une anomalie
La correction se demande en ligne depuis l'espace personnel (service de signalement) ou par courrier à votre caisse AGIRC-ARRCO, pièces à l'appui : bulletins de paie de la période, attestations France Travail, certificat de travail. La caisse instruit, interroge l'employeur si nécessaire, et notifie la régularisation. Comptez plusieurs mois pour les périodes anciennes.
Le bon calendrier : un contrôle rapide chaque année (l'année écoulée est fraîche, les preuves accessibles), un audit complet à 55 ans au moment de l'entretien information retraite, et une dernière passe 6 mois avant la demande de liquidation, car corriger après coup reste possible mais retarde ou complique le paiement. Ce triple contrôle vaut pour la complémentaire comme pour la base : les deux relevés se vérifient ensemble, notre guide du relevé de carrière détaille la partie régime général.
Le relevé de points est le document le plus rentable à vérifier de toute votre vie administrative : une heure de contrôle peut valoir des dizaines d'euros de pension mensuelle à vie, et personne ne le fera à votre place. Notre conseil : ne vérifiez pas « en gros », vérifiez par recoupement, cumul des cotisations T1+T2 de vos bulletins divisé par le prix d'achat, corrigé du taux d'appel, contre points affichés. C'est mécanique et sans ambiguïté. Et gardez vos bulletins de paie pour toujours : dans un régime par points, chaque fiche de paie est un titre de créance sur votre future pension. Un point perdu en 1995 sans bulletin est un point perdu définitivement.
Sources et limites
Les montants et conditions évoluent chaque année et dépendent de votre régime, de votre âge et de votre carrière. Vérifiez votre situation personnelle avant toute démarche.