Ce que l'employeur peut faire, et ne peut pas
À partir de l'âge du taux plein automatique (67 ans), l'employeur peut engager chaque année une procédure : il vous interroge par écrit, trois mois avant votre anniversaire, sur votre intention de partir. Vous avez un mois pour répondre, et votre refus s'impose à lui : il ne peut pas vous mettre à la retraite contre votre gré cette année-là.
Ce n'est qu'à 70 ans que la mise à la retraite d'office devient possible, sans votre accord. Toute mise à la retraite imposée avant, hors procédure régulière, s'analyse en licenciement, avec les indemnités et risques contentieux associés pour l'employeur. Notre guide départ volontaire ou mise à la retraite détaille les indemnités de chaque scénario.
Pourquoi continuer peut être rentable
Travailler au-delà de 67 ans, taux plein en poche, produit une surcote de 1,25 % par trimestre sur la retraite de base, soit 5 % par an, définitive et sans plafond. Trois ans de plus, c'est 15 % de pension de base en plus à vie. Vous continuez aussi d'accumuler des points AGIRC-ARRCO, qui majoreront la complémentaire.
Alternative : liquider sa retraite et cumuler. Le cumul emploi-retraite intégral est ouvert dès le taux plein, et l'activité poursuivie génère depuis 2023 une seconde pension. L'arbitrage surcote contre cumul dépend de votre horizon : la surcote enrichit la pension future, le cumul maximise le revenu immédiat.
Points de vigilance après 67 ans
Quelques précautions. Vérifiez votre couverture prévoyance : certains contrats d'entreprise cessent leurs garanties à un âge donné. Si vous êtes au chômage, les allocations cessent à l'âge du taux plein automatique : au-delà de 67 ans, la liquidation devient généralement la seule issue. Enfin, ne retardez pas indéfiniment la liquidation « par oubli » : la retraite n'est pas rétroactive au-delà de certaines limites, et chaque mois non demandé après vos droits ouverts peut être un mois perdu si vous n'êtes plus en activité.
Pour arbitrer finement entre surcote, cumul et liquidation immédiate, passez vos scénarios dans le simulateur M@rel sur info-retraite.fr.
Deux mythes symétriques entourent les 67 ans : « l'employeur peut me mettre dehors » (faux avant 70 ans, sous réserve de la procédure annuelle) et « rester coûte de l'argent » (faux : surcote et points continuent de s'accumuler). La vraie question est l'arbitrage surcote contre cumul, trop rarement posé. Notre conseil : à l'approche de 67 ans, chiffrez les deux scénarios sur cinq ans. Pour beaucoup de salariés en bonne santé avec un bon salaire, liquider puis cumuler rapporte plus de trésorerie totale ; pour ceux qui veulent maximiser la pension à vie, notamment en prévision d'une longue retraite, la surcote reste imbattable.
Sources et limites
Les montants et conditions évoluent chaque année et dépendent de votre régime, de votre âge et de votre carrière. Vérifiez votre situation personnelle avant toute démarche.