Les cinq accidents de la vie
Cinq situations difficiles ouvrent un déblocage anticipé total ou partiel du PER. Le décès du conjoint ou partenaire de PACS ; l'invalidité (2e ou 3e catégorie) du titulaire, de son conjoint ou de ses enfants ; le surendettement (à la demande de la commission de surendettement) ; l'expiration des droits au chômage ; et la cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire.
Dans ces cas, la sortie est fiscalement clémente : le capital correspondant aux versements n'est pas soumis à l'impôt sur le revenu, et les plus-values ne supportent que les prélèvements sociaux. Ces motifs constituent un véritable filet de sécurité : l'épargne retraite reste mobilisable en cas de coup dur, ce qui distingue le PER d'un placement totalement figé. Les justificatifs (acte de décès, notification d'invalidité, décision de la commission) sont exigés par le gestionnaire.
L'achat de la résidence principale
C'est le seul motif de déblocage lié à un projet et non à un accident. Vous pouvez débloquer tout ou partie de votre PER pour financer l'acquisition de votre résidence principale (ou la construction). Attention, cette possibilité ne concerne pas les droits issus de versements obligatoires (compartiment employeur d'un PER d'entreprise), mais bien les versements volontaires et l'épargne salariale.
La fiscalité est ici moins favorable que pour les accidents de la vie : la part correspondant aux versements volontaires ayant été déduite à l'entrée est réintégrée à l'impôt sur le revenu l'année du déblocage, et les plus-values sont taxées. Débloquer un PER pour acheter sa résidence principale peut donc générer une facture fiscale substantielle, surtout si vous êtes dans une tranche d'imposition élevée : à mettre en balance avec l'intérêt du projet immobilier et le coût d'un crédit alternatif.
Bien utiliser ces sorties anticipées
Le choix de débloquer doit intégrer la fiscalité propre à chaque compartiment du PER. Rappel utile : les versements volontaires déduits à l'entrée seront imposés à la sortie (capital) ; ceux non déduits échappent à l'impôt sur le capital. Si vous aviez renoncé à la déduction à l'entrée, la sortie est donc bien plus douce. Ce paramètre, fixé au moment des versements, conditionne l'intérêt d'un déblocage.
Stratégiquement, le déblocage « accident de la vie » est presque toujours avantageux fiscalement quand il est justifié. Le déblocage « résidence principale », lui, se calcule : mieux vaut parfois conserver le PER pour la retraite (où la sortie pourra être étalée et la tranche d'imposition plus basse) et financer l'achat autrement. Pour comprendre l'ensemble du fonctionnement, voyez notre guide du Plan Épargne Retraite. Un conseil personnalisé est recommandé avant tout déblocage important, l'effet fiscal pouvant dépasser plusieurs milliers d'euros.
Le PER souffre d'une réputation d'épargne « prisonnière » qui est largement exagérée : six portes de sortie existent, dont cinq pour les coups durs, avec une fiscalité douce. La méconnaissance de ces cas conduit certains à refuser le PER par peur du blocage, ou à l'inverse à le débloquer pour la résidence principale sans anticiper la note fiscale. Notre conseil : gardez en tête que votre PER reste accessible en cas d'accident de la vie, ce qui doit rassurer sur son ouverture. Mais pour un déblocage « résidence principale », faites systématiquement le calcul fiscal avant : réintégrer d'un coup plusieurs années de versements déduits peut vous faire changer de tranche et coûter cher. Le blocage n'est pas le vrai sujet, la fiscalité de sortie l'est.
Sources et limites
Les montants et conditions évoluent chaque année et dépendent de votre régime, de votre âge et de votre carrière. Vérifiez votre situation personnelle avant toute démarche.