La bascule à l'âge légal
L'AAH est une allocation d'âge actif : son versement à taux plein prend fin à l'âge légal de départ à la retraite. Les bénéficiaires de l'AAH sont alors reconnus inaptes au travail d'office : leur retraite est liquidée au taux plein sans condition de trimestres, ce qui neutralise toute décote. Le montant dépend en revanche des trimestres réellement validés (prorata).
Point crucial : la bascule suppose de demander sa retraite. Déposez la demande environ 6 mois avant l'âge légal et transmettez le justificatif à la CAF ou à la MSA : sans demande, l'AAH peut être suspendue et les mois perdus ne se rattrapent pas.
Le cumul AAH-retraite selon le taux d'incapacité
Tout dépend de votre taux d'incapacité reconnu par la CDAPH. À partir de 80 % : vous pouvez conserver une AAH différentielle si votre retraite est inférieure au montant maximal de l'AAH. Vous percevez la différence : avec 600 € de pension totale, l'AAH complète d'environ 441,59 € pour atteindre 1 041,59 €. Entre 50 et 79 % : aucun cumul, l'AAH s'arrête définitivement à l'âge légal.
Si vous n'avez jamais cotisé, aucune pension n'est due : c'est alors l'ASPA qui prend le relais (1 043,59 € pour une personne seule), avec ses conditions propres, dont la récupération sur succession, qui n'existe pas pour l'AAH.
Compléments et points de vigilance
La majoration pour la vie autonome (MVA, 104,77 € par mois en 2026) peut être conservée par les bénéficiaires qui gardent une AAH différentielle et remplissent les conditions de logement autonome. Les personnes ayant perdu leur AAH du fait du relèvement de l'âge peuvent, dans certains cas, conserver les compléments.
Autre point : l'AAH n'est pas imposable et n'entre pas dans le revenu fiscal, contrairement à la pension de retraite, ce qui peut modifier votre CSG et vos droits connexes l'année de la bascule. Enfin, les règles de calcul évoluent (déconjugalisation depuis 2023, réforme du calcul ESAT fin 2026) : vérifiez votre situation sur service-public.fr ou auprès de votre CAF.
La bascule AAH-retraite est un moment à risque : allocation suspendue faute de demande de retraite déposée à temps, cumul refusé faute de connaître la règle des 80 %, ou bascule vers l'ASPA acceptée sans mesurer la récupération sur succession qui l'accompagne. Notre conseil : six mois avant l'âge légal, faites le point sur trois chiffres : votre taux d'incapacité CDAPH (le seuil de 80 % change tout), votre pension estimée, et le montant d'AAH différentielle qui en résulterait. Et déposez la demande de retraite sans attendre le courrier de la CAF : c'est à vous d'enclencher la bascule, pas à elle.
Sources et limites
Les montants et conditions évoluent chaque année et dépendent de votre régime, de votre âge et de votre carrière. Vérifiez votre situation personnelle avant toute démarche.